Oser le rêve: le pouvoir de la visualisation créatrice

18/08/2019

Photo prise par Analogicus.

 

Chères et chers yogis, voilà que l’été arrive doucement à sa fin. Même si beaucoup parmi vous sont encore en train de profiter d’une période de vacances bien méritée, l’énergie du moment commence déjà à nous parler de rentrée, de reprise d’activités, de routine, de ralentissement, de recentrage, d’enracinement. Tout en profitant encore de chaque moment de repos, c’est un excellent moment pour commencer à se projeter sur les semaines à venir, pour visualiser ce que l’on souhaite réaliser et voir se manifester pendant cette nouvelle année professionnelle ou académique qui va débuter dans quelques semaines.   

 

On entend souvent parler du pouvoir de la visualisation créatrice. On entend souvent dire que ça marche, et que l’ensemble des techniques qu’y sont associées peuvent nous conduire à la réalisation presque miraculeuse de tous nos désirs. Je crois personnellement qu’il y a une partie de vérité dans cela, mais je pense aussi qu’il y a beaucoup de confusion et d’informations approximatives et trompeuses qui circulent à ce sujet. Oui, le pouvoir de la visualisation créatrice positive est immense, mais non, il ne s’agit pas d’une baguette magique capable de nous apporter tout ce que l’on désire, indistinctement.  Je n’ai pas une recette miracle à vous fournir à ce sujet. La seule chose que je peux partager avec vous, c’est mon expérience personnelle. Dans ma vie j’ai eu la chance, en effet, de voir à l’œuvre, à différentes occasions, ce pouvoir puissant de la visualisation et du rêve. Je vais partager avec vous trois épisodes qui m’ont marquée à ce niveau-là, notamment dans le domaine professionnel, et essayer d’en tirer deux-trois clés de compréhension et suggestions d’interprétation.

 

Le premier épisode s’est produit en 2008. C’est quand, à l’âge de 24 ans, il y a désormais 11 ans, j’ai senti l’appel irrésistible de changer de ville, de pays, de métier, de partir « à l’aventure », de m’éloigner de ma famille, sans trop savoir à quoi m’attendre. J’étais en quête d’indépendance, et d’argent aussi. Je voulais me prouver à moi-même que je pouvais gagner ma vie toute seule, que je pouvais bien gagner ma vie, que je pouvais faire cela et en même temps continuer les études que j’avais entrepris en Italie. Je voulais me prouver à moi-même que je pouvais tout faire, absolument tout. Je travaillais à l’époque dans un hôtel trois étoiles à Novara, dans le Nord d’Italie. C’était la seule chose que j’avais appris à faire. Parler des langues (grâce à ma formation académique) et travailler dans l’hôtellerie restauration. Suite à un rêve où je marchais, heureuse, dans les rues de la ville de Genève, que j’avais visité une fois, une année avant, j’ai décidé de profiter d’un week-end férié pour m’y rendre et distribuer des CV, tenter ma chance. En suivant mon intuition et en gardant un esprit joueur, j’ai laissé mes petits CV, au hasard, à la réception de chaque hôtel du centre-ville qui tombait sur mon chemin. Je n’avais aucune véritable attente, mais j’y croyais ! Je croyais profondément que cela était possible, de changer de ville, de pays, de travail. J’entrais dans chaque hall d’hôtel, et je rêvais avec l’imagination et l’enthousiasme d’un enfant d’être derrière le desk, ce desk là, précis, discuter avec tous ces clients provenant du monde entier, tous ces hommes et femmes d’affaires, ces gens intéressants… Une clientèle bien différente que celle que j’avais eu l’habitude de côtoyer jusqu’alors. J’étais enthousiaste, naïve, rêveuse, et confiante. Une semaine après j’ai reçu l’appel de trois hôtels pour un entretien. J’ai repris ma voiture (i.e. la voiture de mes parents), je suis retournée là-bas, j’ai passé mes entretiens, sans même pas connaître le français. Deux semaines après j’étais embauchée dans un petit hôtel des Pâquis. Oui, ce n’était pas le quartier le plus prestigieux de Genève, mais que j’étais heureuse ! Ma nouvelle vie commençait, dans un environnement international, avec un salaire de base qui était le triple de ce que j’avais en Italie, avec un jour férié de plus par semaine, moins de tâches, et beaucoup plus de temps pour moi.

 

Deuxième expérience. Après cinq ans d’hôtellerie-restauration à Genève, en tant que frontalière, j’ai commencé à fatiguer, à avoir envie de plus de régularité. Je venais d’obtenir ma maîtrise en Langues et Littératures Étrangères à l’Université de Turin. J’avais en effet continué mes études à distance, pendant que je continuais à travailler à Genève. Je ressentais une forme de manque, de frustration, d’insatisfaction. Le travail de réceptionniste était trop routinier, trop hiérarchisé. Je m’ennuyais, et le changement d’horaires perpétuel, les trajets en voiture très tôt le matin et très tard le soir, commençaient à me peser. Ce qui m’avait paru un paradis sur terre cinq ans auparavant, se tournait en enfer maintenant. Nous sommes en 2013. J’ai commencé à ressentir une forme d’excitation que j’apprenais désormais à reconnaître, un changement de vent. Un quelque chose qui venait petit à petit me titiller, comme un parfum, qui devenait de plus en plus fort et irrésistible. Le vent du changement, l’appel à la transformation. Et la roue a recommencé à tourner. CV, enthousiasme, espoir, envie, joie, amusement. Là, je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. Je savais juste que j’avais besoin de changer, d’avoir un travail avec un rythme plus régulier, et, si possible, une augmentation de salaire. Je sélectionnais les annonces selon une logique qui m’étais propre, mais qui n’avait rien de ce que l’on pouvait appeler vraiment « logique ». Il s’agissait plutôt d’instinct. Je n’avais aucune expérience autre que l’hôtellerie restauration. Mais mon envie profonde était de changer de domaine. J’en avais tellement envie, que j’ai commencé à envoyer des CV et lettres de motivation même pour des postes pour lesquels je n’étais pas qualifié, en écrivant dans la lettre de motivation que je n’avais aucune expérience dans le domaine proposé, mais que j’avais très envie d’apprendre. Je me rappelle que je rédigeais chaque lettre de motivation avec toute l’application, l’enthousiasme et l’envie dont mon cœur me rendait capable. Et, là aussi, la magie a œuvré. Contre toute attente, j’ai été contactée par un family office, bureau de conseil juridique spécialisé dans la gestion des fortunes, qui recherchait une secrétaire administrative pour remplacer une ancienne collaboratrice qui partait. L’entretien s’est super bien passé. J’ai été embauchée, malgré ma totale inexpérience dans le domaine. La volonté, l’envie et l’intelligence sont suffisantes, me dit le boss, qui faisait partie de ce que j'appellerais "la vieille école", celle où l’on donnait plus d’importance à la personne et à ses qualités, plutôt qu’à ces compétences techniques. Coup de chance, j’ai rencontré là-bas celui qui est devenu ensuite mon mari, avec qui je partage actuellement une vie de joie, tendresse et bonheur (mais ça, c’est une autre histoire…).

 

Troisième épisode. Nous sommes en 2017. Ça fait déjà un an que je n’en peux plus au family office. Je traverse une crise profonde. Un manque de sens. Un vide existentiel. J’ai le sentiment que, pendant toute ma vie, j’ai couru après des objectifs fictifs, superficiels. Prouver à moi même que je pouvais réussir, que je pouvais tout faire, que je pouvais gagner de l’argent, être reconnue, faire partie d’une élite. Tout ça, à un moment donné, s’est effondré. Me voilà profondément insatisfaite, et, pire encore, sans savoir ce que je voulais faire après. Je me suis alors inscrite à l’université de Traduction et Interprétation de Genève. Là, la magie a œuvré encore, mais de façon contraire à ce que j’avais eu l’habitude d’expérimenter jusqu’alors. C’était la catastrophe. Alors que j’avais toujours eu des bonnes notes à l’université, toujours reçu de la reconnaissance par rapport à mon intelligence, ma capacité de comprendre, d’apprendre, de mémoriser les choses, là, c’était vraiment un désastre. J’avais du mal à suivre. Je n’arrivais pas à passer mes examens. J’employais énormément d’énergie pour très peu de résultats. Je me sentais épuisée, j’avais perdu toute confiance, j’étais à bout. Ça a duré un an. Fin 2016, j’ai pris la décision d’abandonner mes études. J’ai vécu cela, même si de façon cachée et inavouée, comme un échec. C’était la première fois que j’abandonnais parce que je ne réussissais pas à faire quelque chose. Et là, l’illumination. J’ai réalisé que je m’acharnais sur quelque chose que je voulais entreprendre seulement parce que c’était la suite logique de mon parcours universitaire et professionnel. Les langues, la traduction, dans des domaines que j’avais déjà côtoyé, comme le domaine juridique. Mais, si je ressentais une envie de changement provenant d’un profond effondrement, un vide et un manque de sens, c’était peut-être parce que le changement devait être total. J’ai alors commencé à voir plus large. J’ai réalisé que la seule chose que je faisais tous les jours et qui ne me fatiguait jamais, c’était du yoga. J’avais commencé en tant qu’autodidacte depuis quelques années désormais. J’adorais le yoga, j’adorais en pratiquer, j’adorais l’étudier, c’était une activité qui me comblait en profondeur. De plus, par ma formation académique et ma spécialisation, j’avais développé un énorme intérêt pour l’enseignement, l’éducation, la pédagogie. Et si ces deux passions pouvaient devenir quelque chose de plus qu’un simple hobby ?

 

Après notre mariage en février 2017 nous avons déménagé, mon mari et moi, en France, à Annecy. Deux mois plus tard je fermais derrière moi la porte du family office pour la dernière fois, sans trop savoir à quoi m’attendre et quoi faire de ma nouvelle envie, où je rêvais d'enseigner du yoga. Et là, la magie revient, et recommence son œuvre. Je ne rigole pas, le lundi suivant mon dernier jour de travail à Genève, deux copines m’ont demandé de leur donner un cours de yoga, comme ça, pour essayer. Elles n’en avaient jamais pratiqué. Ça a été une révélation. Petit à petit, depuis ce noyau restreint, par le « bouche à oreille », le cercle d’élèves s’est élargi, de plus en plus, de plus en plus. Jusqu’à ce que, tout naturellement, cette activité qui avait commencé comme un simple plaisir s’est transformé en mon activité principale, ma voie, ma quête. Je suis maintenant heureuse, comblée, professeur et étudiante en même temps, sur ce long chemin de connaissance qui n’arrête jamais de m’éblouir, de me remplir de joie, de satisfaction, d’émerveillement, à chaque cours, chaque rencontre, chaque partage.

 

Trois rêves réalisés, trois expériences « magiques » qui, dans ma vie, m’ont montré, par le vécu direct, que oui, la magie existe, la magie de la visualisation, de l’envie et de l’enthousiasme. Est-ce qu’il y avait que le cœur dans ces choix, dans ces expériences ? Est-ce qu’il n’y avait pas de l’ego aussi ? Oui, bien sûr. Il y avait de l’égo. J’ai pu constater que, à chaque fois, les deux étaient mélangés. Au début, par exemple, je voulais me prouver à moi-même que je pouvais gagner de l’argent, que je pouvais réussir, faire partie d’une élite. Mais à chaque étape, il y avait aussi la flamme du cœur, de l’envie, de l’enthousiasme flamboyant, authentique, véritable, de l’enfant à l’œuvre, l’enfant joueur, désintéressé. Les années passant, les envies de l’égo sont devenues de plus en plus inefficaces et ont commencé à générer un vide à chaque fois grandissant. Les besoins et les envies du cœur ont commencé à devenir de plus en plus puissants. Dans toutes ces expériences, j’ai pu tout de même identifier des éléments constants, que j’estime pouvoir associer à la mise en œuvre de cette magie créatrice dont l’on parle. Je les partage avec vous :

  1. Sentir le vent du changement, cette forme d’excitation, qui vient nous stimuler, d’abord tout doucement, puis de plus en plus fort, comme une tornade, jusqu’à devenir irrésistible.

  2. La prise d’action, le saut dans le vide, un peu naïf, peut-être, mais gorgé de confiance, de joie, d’excitation (de peur aussi, ça fait partie du jeu…).

  3. L’esprit ludique, sans attente. Je veux très fort quelque chose, mais, si je ne l’obtiens pas, ce n’est pas grave, ce n’est qu’un jeu.

  4. Cela nous renvoie au détachement, absolument nécessaire, selon mon expérience, pour que la magie opère.

  5. Oser. Oser y croire. Même si cela paraît impossible, ce ne l’est pas. Tout est possible. 

  6. La visualisation, l’imagination, s’octroyer le rêve. J’ai longtemps vécu dans la superstition qui consiste à penser que, si l’on rêve à quelque chose trop fort, elle ne se réalisera pas, et alors on sera terriblement déçus. Cela est vrai si on y rêve avec de l’attachement. Mais, si on garde l’esprit ouvert, ludique et sans attente, le rêve et la visualisation deviennent des outils d’une puissance inouïe, capables vraiment de matérialiser tout ce que l’on désire.

  7. La gratitude. C’est peut-être l’élément le plus important. La vie peut se montrer, il est vrai, très dure, quand elle souhaite nous apprendre des leçons, mais elle est aussi infiniment généreuse, et on le voit bien quand la magie dont l’on parle ici entre en action. Alors, remerciez, remerciez, remerciez à chaque fois. Pas qu’avec la tête. Mais avec votre être tout entier. Il n’y a rien de plus beau, de plus puissant.

Cette semaine je vous propose par la pratique du yoga et de la méditation d’explorer un peu ce territoire mystérieux de la visualisation créatrice. On travaillera sur la connexion corps-esprit, l’enracinement, et le lâcher prise, pour essayer d’avoir toutes les cartes en mains, à la rentrée, pour matérialiser dans notre vie ce qui correspond à nos souhaits les plus profonds et les plus authentiques. Pour vous inscrire aux cours de la semaine, rendez-vous ici.

 

Je vous souhaite une bonne fin de dimanche, et vous dit à très vite sur le tapis!

 

Namasté.

 

Laura  

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